Pourquoi je boycotte les grandes surfaces (et les centres commerciaux en général)

J’ai hésité un long moment avant de prendre la décision d’écrire cet article. C’est un sujet controversé et je ne veux pas faire ma mère morale. Mais après réflexion, je vis avec cette prise de position tous les jours, en faisant mes courses, en allant chez mon producteur bio et c’est une trop grosse part de mon engagement pour ne pas vous en parler ici. Je ne blâme personne (il m’arrive encore d’y mettre les pieds en cas de force majeure ou pendant des vacances par exemple). En revanche je suis plutôt remontée contre ces symboles du consumérisme pour qui, à mon humble avis, notre bien être et notre santé ne sont pas si importants que ce qu’ils veulent bien nous faire croire.


La désobéissance civile, ça vous parle? Pour se mettre à niveau voilà la définition de notre cher wikipédia : “La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique (qui manque à l’équité, qui est contraire à la justice) par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique.” 

Voilà comment je pourrais définir ma démarche. Une action pacifique mais néanmoins engagée

Mais un peu d’histoire pour commencer. Les hypermarchés sont nés aux États Unis dans les années 1930. 19 ans plus tard, Edouard Leclerc transforme sa petite épicerie en grande surface. La mère de famille de l’époque découvre alors un monde d’abondance, bien loin des périodes de restrictions connues durant la seconde guerre mondiale. Elle trouve tout ce dont elle a besoin au même endroit, plus besoin de courir chez les petits commerçants (exit le boulanger, maraîcher, crémier…). La suite tout le monde la connaît. Depuis 50 ans, les supermarchés n’ont cessés de gagner du terrain partout en France. Tout cela semble idyllique vous me direz… Ça pourrait l’être si plusieurs facteurs ne venaient pas noircir ce tableau.

Le premier qui me vient à l’esprit est un fait assez récent. Et c’est grâce (ou à cause) de lui que le premier appel au boycott général des supermarchés à été lancé. Avez-vous entendu parler du scandale des hypers illégaux? En résumé, pour étendre leur chiffre d’affaires, certaines grandes surfaces n’hésitent plus à faire construire leur magasin sans permis de construire, et ce dans le non respect des normes environnementales (rebelote…). Le total des amendes s’élève à 418 MILLIARDS d’euros (vous avez bien entendu), mais aucun d’entre eux n’a pour l’instant été sanctionné. La première conséquence de cette “stratégie commerciale” est la disparition des commerces de proximité et des petits producteurs. On ne peut pas dire qu’ils soutiennent l’économie locale…Plusieurs autres points me chiffonne et ont finis de me convaincre de boycotter totalement ces temples de la consommation il y a maintenant quelques années .

  • Le manque de transparence. Tout le monde à entendu parler du scandale sanitaire des fameuses lasagnes. Gros manque de transparence, bref, passons. Je veux vous parler d’un tout autre problème, à savoir les grands groupes agro alimentaires qui se cachent derrière la multitude de références proposées. Dans un supermarché, on peut trouver des milliers de références, mais ce qui n’est pas précisé, c’est que toutes les marques sont en fait détenues par une dizaine de grands groupes, elles mêmes contrôlées par trois géants, Monsanto et deux autres moins connus : Bayer et Syngenta. D’autres marques trompent le consommateur directement sur les étiquettes et les emballages en “oubliant” de mentionner certains ingrédients ou additifs. A l’inverse, ils nous mettent l’eau à la bouche avec des promesses de 100% fruits pour des confitures ou des apports en vitamines dans les jus de fruit par exemple, qui tiennent finalement plus du coup marketing que d’une véritable qualité de produit.

 

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  • Ils imposent une norme. Calibrage, norme esthétique, DLC, produit détruit si le packaging n’est pas parfait… Autant de standard imposés par l’industrie mais également portés par les consommateurs. Encore beaucoup d’entre nous préfèrent (par habitude souvent) acheter un fruit bien lisse ou le produit à la DLC la plus éloignée sans se dire qu’il sera certainement jeté à la fin de la journée. Cette belle pêche aurait pourtant été délicieuse comme goûter! Les industriels ne changeront pas tous seuls (comme ont dit chez eux “c’est l’offre qui crée la demande”…), à nous de leur faire savoir quelles sont nos revendications, nos envies…

 

  • Le gaspillage alimentaire, c’est le plus rédhibitoire selon moi. Uniquement en France l’industrie de la distribution alimentaire  jette tous les ans 2,3 millions de tonnes de nourriture. Selon la FAO c’est 30% de la production alimentaire mondiale qui est perdue ou gaspillée chaque année. Le concept même de jeter de la nourriture consommable est assez incompréhensible et à l’échelle du monde ça fait mal aux yeux… On se rend compte très vite que tout est lié et ce gaspillage pourrait être largement évité, par exemple en revoyant ce dont on parle juste en dessous.

 

  • La publicité. Tous les magasins ont leur catalogue de promotions, ont les reçois toutes les semaines dans notre boite aux lettres. Je ne peux pas trouver de point positif à ce système : c’est totalement anti écolo, ça pousse à la consommation et nos tickets de caisse sont épluchés afin de nous proposer LE produit dont on va avoir envie. Saviez-vous que ces catalogues sont financés par les fournisseurs (les producteurs) et non par les supermarchés. Çe procédé ne leur coûte pas un centime, pourquoi s’en priver? De plus, une fois ces super promotions finies, les paquets sont délogés pour être revendus à l’unité (ils ont pourtant été payés en promo…heum).

 

  • L’écologie n’est pas leur première préoccupation. Quelques exemples? Sur emballage, catalogues imprimés par millions, le fameux cas des tomates en février, les fruits qui viennent du bout du monde… En moyenne, un produit frais parcours 2400 km avant d’atterrir dans notre assiette (vous trouverez aussi de pareils produits dans les magasins bio, à vous de trier ou encore mieux, de faire vivre un petit maraîcher du coin), pas top pour l’empreinte carbone…

 

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  • Disparition du lien humain. On voit de plus en plus de caisses automatiques. Est-ce que vous aussi vous pestez contre ces machines ou suis-je la seule petite vieille à vouloir parler à un être humain au moment de payer mes courses? Nous n’avons pas besoin de l’individualisme que ça génère et les employés qu’elles remplacent non plus.

 

  • L’éthique. Ok, là les amis, on touche la corde sensible. Je vais réunir toute ma zen attitude pour vous écrire ces lignes et éviter d’employer des adjectifs peu recommandables (c’est pas l’envie qui manque). On ne parlera pas ici de l’industrie de la “viande”, des produits laitiers etc…, étant végétalienne, je ne peux que condamner ce système. On va parler ici d’une multinationale qui est omniprésente dans les supermarchés, Nestlé. Comme vous pouvez le voir juste au dessus, ce groupe détient des marques diverses et variées : Nespresso (clin d’oeil à Georges), Nesquik, Yves Saint Laurent (???), Garnier, Kiehl’s, Perrier, Vittel, Kit Kat, Friskies et bien d’autres. Vous l’aurez compris, impossible de faire ses courses sans avoir un de leur produit dans son caddie. Le soucis, c’est que Nestlé trempe dans des trucs louches, TRÈS louches, et ça ne date pas d’hier. Scandale du lait infantile en poudre dans les années 70 (tout ça ne date pas d’hier…), réétiquetage de lait périmé en 2002, et trafic d’enfants, qu’ils font travailler dans les plantations de cacao… Ces scandales sont connus mais la grande distribution ferme les yeux. Ce manque d’humanité me donne tout simplement envie de pleurer. Il y a une TONNE d’autres exemples de moralité douteuse de la part de ces géants, qui ont parfois plus de poids qu’un pays lui même. Si vous voulez en savoir plus, je ne peux que vous conseiller de vous renseigner, multipliez les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, je ne veux pas faire ici une liste exhaustive au risque de carrément plomber l’ambiance.

 


J’ai conscience que je dresse ici un tableau bien noir, mais il est essentiel pour moi d’être franche et sans demi-mots. Je ne suis pas parfaite non plus, j’achète des bananes qui viennent du bout du monde (difficile de se passer de bananes quand on est végé^^) et il m’arrive de craquer pour un bon paquet de gâteaux (ceux du Moulin du pivert sont à se damner!) bien transformé. Tout est dans le juste milieu… La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des alternatives :

  • les magasins bio. Je pense qu’on est tous d’accord, on trouve aussi des produits pas top dans ces enseignes (fruits importés, produits transformés…), mais ils ont le mérite d’être sans pesticides, OGM et autre. La principale différence avec un supermarché conventionnel (au delà du fait que tout est bio) réside dans leur démarche éthique. Ils ont un cahier des charges composé de 4 conventions : distribution, gestion, sociale et écologique qui pose les bases des engagements pris et appliqué par chaque magasin. C’est donc une démarche éthique globale qui va au delà du bio (traçabilité, commerce équitable, transparence des activités…). En plus de biocoop, plusieurs chaînes de magasins bio ont ouverts leurs portes depuis quelques années. Bio c bon, So bio, La vie claire…. vous n’avez que l’embarras du choix.

 

  • Les AMAP. Elles sont nés au Japon dans les années soixante, où un groupe de femmes inquiètes de ce qu’elles donnaient à manger à leurs enfants décidèrent de passer un contrat avec un agriculteur. En échange de la garantie d’achat de toute sa production, il s’engagea à produire de manière biologique. Les premiers Teikei (mettre le visage du paysan sur les aliments c’est trop mignon!) étaient nés. C’est en 2001 que la première AMAP fut lancé dans la région de Toulon. Depuis le phénomène ne cesse de se propager, et pour cause. Tout le monde y gagne, le producteur qui est sûr de voir sa récolte vendue, et le consommateur qui bénéficie de produits de qualité, moins cher qu’en magasin bio (on supprime les intermédiaires). Vous pouvez trouver une AMAP près de chez vous sur ce site.

 

  • Les marchés ou la vente directe chez le producteur. De loin ma méthode préférée pour faire mes courses. Je peux prendre mon temps et me réjouir de toutes ces couleurs et odeurs, je peux discuter avec mon maraîcher et must absolu, je peux cueillir moi même mes légumes! Je vais bientôt consacrer un article à l’endroit où je prends mes fruits et légumes, c’est vous dire si je l’aime mon maraîcher 🙂

 

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Est-ce que vous aussi vous privilégiez les circuits courts? Quelles sont vos astuces pour consommer plus responsable?

 

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